XXXIII Congrès de la FNAREN

6,7 et 8 JUIN 2018 - ROUEN

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à ROUEN les 6,7 et 8 juin 2018

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L'aide rééducative à l'école: de la TRACE de l'enfant à son inscription comme élève.

Les conférences plénières

Charlotte MARCILHACY mercredi 6 juin 15h>16h30

Psychologue clinicienne en service de pédopsychiatrie. Docteur en psychologie, psychanalyste. Auteure d'articles sur le développement d'un point de vue psycho affectif de l'écriture chez l'enfant et de l'ouvrage  « Productions graphiques et clinique infantile » (L’Harmattan, 2009).

De la trace mnésique à la trace écrite.


Acte d’inscription identitaire mais aussi sociale, l’écriture implique l’enfant dans la globalité de ses processus de maturation, physiologiques mais également psycho affectifs. Je souhaite interroger comment, d’un point de vue psychique, l’enfant en vient à écrire, comment se développe le processus qui le mène des premiers tracés à l’alphabet et quels sont les enjeux mobilisés par l’acquisition calligraphique ? A l’image de l’enfant qui fait ses premiers pas, écrire suppose en effet avoir installé en soi des liens suffisamment solides pour pouvoir petit à petit s’élancer seul, en l’absence de bras tutélaires, dans l’abstraction alphabétique.
À travers différentes vignettes, je souhaite montrer comment, chez nombre d’enfants, mal à l’aise corporellement dans l’acte de tracer, et en souffrance par non appropriation du geste, l’écriture, loin d’être un langage adressé et partageable, les confronte à la solitude de la page blanche et à la fragilité de leur capacité de symbolisation.




Joël CLERGET jeudi 7 juin 9h>10h30


Psychanalyste, praticien en haptonomie pré et postnatale, écrivant, habitant Lyon, membre du Conseil Scientifique de la FNAREN, auteur de L'enfant et l'écriture, Erès, 2002.

Trace, écriture et disparition.


Interloqué sur les traces
André du Bouchet, Axiales

L'écriture, toujours singulière en sa forme, vient à un enfant dans un transfert de traces charnelles et matérielles à des éléments graphiques qui, peu à peu, font texte. Les premiers sillons de traces se dessinent dès le sein maternel en inscriptions sensorielles et motrices. Une trace devient signifiante de la présence d'un sujet par effacement (disparition) et par la lecture. Elle trouve assise et stabilité dans la confiance faite à un Autre destinataire (rééducateur par exemple). La crainte de disparaître dans le passage du laisser trace à l'écriture sera envisagée sous l'angle de la distinction entre soi (l'élève qui dessine ou écrit) et ses productions.




Bernard GOLSE vendredi 8 juin 9h>10h30


Pédopsychiatre-Psychanalyste (Membre de l'Association Psychanalytique de France). Chef du service Pédopsychiatrie de l'Hôpital Necker-Enfants Malades (Paris). Professeur de Psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent à l'Université René Descartes (Paris 5).

Entre intersubjectivité et subjectivation: la trace de soi.


L'accès à l'intersubjectivité correspond à la découverte par le bébé des objets et des personnes qui existent dans sa réalité externe, tandis que la subjectivation lui permet de se découvrir lui-même comme un sujet et de se forger des représentations mentales des personnes qui prennent soin de lui et qu'il a découvertes dans son environnement.
Le passage de l'intersubjectivité à la subjectivation demeure une question développementale difficile que nous tenterons de clarifier au mieux.
Les premières traces écrites de l'enfant apparaissent en-deçà de la constitution du soi et sont les témoins de ce passage de l'interpersonnel à l'intrapsychique évoqué ci-dessus.
La crise des deux ans et demi (apparition du "je", du "oui", et des dessins de ronds fermés) signe la réussite de la subjectivation en lien avec le mécanisme freudien de la "négation".
L'écriture (qui précède, et de loin, la lecture) se situe ainsi du côté de la projection au dehors, de l'éjection (é-crire) de parties idéalisées du soi avant de pouvoir refléter l'accès à l'ambivalence qui conditionne la possibilité d'une écriture pleine (comme l'on parle d'une parole pleine).
Un certain nombre d'empêchements peuvent émailler les différentes étapes de ce chemin qui mène à la trace de soi.

Les conférences simultanées et les ateliers jeudi 7 juin 16h>17h30

Alain NOBLE conférence simultanée
Psychologue scolaire à la retraite, psychologue clinicien et psychanalyste en libéral.

Certains secrets ne s’écrivent pas.


Nous interrogeant sur ce que l'enfant laisse comme trace à l'école, nous rappellerons brièvement, en nous appuyant sur les travaux de Geneviève Haag, qu'elle est un phénomène concomitant au processus de séparation-différenciation. Ainsi, le dessin témoigne de la trace de soi sur fond de répétitions des expériences précoces. A l'école, l'écriture, trace socialisée, relève de la symbolique. Elle interroge l'enfant sur sa position subjective et plus particulièrement sur la question de son rapport à la loi, l'ordre générationnel. Nous analyserons la situation d'un enfant en difficulté d'acquisition du langage écrit qui ne résulte pas d'une insuffisance de l'appareil cognitif mais d'un rapport particulier à l'ordre générationnel qui se traduit par des modalités relationnelles incestuelles où la coloration masochique est nette. Celles-ci représentent un écueil des plus sérieux dans les aides spécialisées. Pour répondre à cela, la présence conjointe des parents et des professionnels, dans ce que nous pourrions appeler une alliance éducative, permettrait d'ouvrir un espace de réflexion où chacun de sa place participerait à l'élaboration d'une prise en charge cohérente de la situation apte à modifier le positionnement subjectif de l'enfant.





Alice Titia RIZZI conférence simultanée


Psychologue clinicienne Maison de Solenn (Hôpital Cochin), Psychothérapeute. Docteur en psychologie, Enseignante Université Sorbonne Paris Cité. Chercheur post-doc CESP, Inserm 1178, Paris, France. Membre du comité de l’AIEP

La trace au risque de l’altérité : processus de métissage dans les dessins des enfants en situation transculturelle.


A travers l’approche transculturelle, nous allons voir les dynamiques sous-jacentes aux expériences graphiques, les analyser et les comprendre pour développer des outils professionnels qui aident à franchir le pas d’un métissage culturel pour les enfants de familles migrantes. 
Le lien à la trace signifie du lien à l’autre. L’autre en moi et en dehors de moi, existe au sens psychique et aussi culturel. La relation à la trace que l’enfant s’autorise dépend aussi des cultures d’origines des familles. Ainsi nous allons questionner les processus qui permettent l’entrée dans la trace dessinée et écrite pour ces enfants habités par plusieurs cultures, par plusieurs relations graphiques.
Se former à la prise en compte de l’altérité est un défi fondamental aujourd’hui, notamment dans le milieu scolaire et du soin, pour tous nos professionnels. S’ouvrir à une vision transculturelle de la trace rend possible véritablement pour l’enfant de s’appuyer sur le métissage du professionnel pour construire plus aisément le sien.





Sandra COLOGNE atelier d'expression corporelle


Ergonome Conseillère en ingénierie de formation et évolution professionnelle.

Des sens au sens : la dimension corporelle des apprentissages.


L'entrée dans les apprentissages se fait par le corps : la sensorimotricité, le plaisir de se mouvoir, de s'émouvoir et de mettre en forme le réel pour pouvoir le regarder, le nommer et l'inscrire dans le cadre d'une relation sécurisée, contenante et stimulant l'envie d'apprendre, de découvrir et de savoir faire. L'acte graphomoteur nécessite d'être et de vivre son corps pleinement, de l'avoir suffisamment exploré pour ne pas être limité dans l'usage que l'on peut en faire et l'exploration du monde qu'il permet : le plein, le vide, les longueurs, contours et volumes des objets, l'espace tridimensionnel et ses représentations etc...

Dans cet atelier il vous sera proposé de vivre à nouveau des expériences structurant les pré-requis aux apprentissages. Car si la trace est inscription de Soi dans le monde, elle n'émerge que si le sujet a pu donner sens aux sens.

Conditions de participation : tenue souple et ample exigée.




Jeannine DUVAL HERAUDET atelier squiggle


Psychopédagogue - Enseignante, rééducatrice de l’Éducation nationale, formatrice en école de travailleurs sociaux, formatrice auprès d'enseignants spécialisés et d’enseignants du secondaire. Superviseur auprès d'équipes de travailleurs sociaux et d'enseignants du secondaire. Formatrice d'intervenants en analyse clinique de la pratique pour le Rectorat de Grenoble et pour le centre de formation Psychasoc (Psychanalyse et travail social).
Membre du comité scientifique de la FNAREN.

    Pour désirer grandir et pour pouvoir être dans un lien constructif avec les autres, pour que la pensée soit disponible pour accéder à la culture et aux apprentissages, le sujet doit avoir au minimum donné un sens à son histoire et il doit pouvoir faire jouer librement les trois registres psychiques que sont le réel, l’imaginaire et le symbolique. Il doit pouvoir dire et se dire, et ce « dire » doit avoir une adresse.
    Il est toutefois « des choses » qui sont là, coincées, enfouies, inscrites dans le réel du corps, en souffrance… Des choses qu’un imaginaire inhibé voire interdit ne peut pas mettre en forme. Des choses qui peuvent encore moins être mises en mots et communiquées… Des choses, enfin, qui remontent parfois, envahissent et submergent le sujet sous forme d’angoisse, laquelle se décharge parfois dans la violence contre l’environnement ou contre soi-même. Lorsque les difficultés sont importantes, il devient nécessaire qu’un autre soit là qui sollicite le sujet, qui l’écoute et qui l’accompagne.
    Sous la forme du « Squiggle », souvent traduit par « gribouillage » mais qui, pour son auteur signifiait plutôt « tracé libre », WINNICOTT a proposé un dispositif très simple que l’on peut qualifier de transitionnel, c’est-à-dire « trouvé-créé » par l’aidé. La rencontre entre les partenaires du jeu donne à ce tracé le statut de médiation, laquelle peut alors remplir la fonction de relier et de séparer. Nous pouvons soutenir que ce support par la trace, au plus près du corps, offre au sujet que l’on accompagne la possibilité de donner forme et d’articuler dans un dire partagé les registres du réel, de l’imaginaire et du symbolique.
    C’est cette médiation que cette conférence-atelier se propose de mettre en œuvre puis d’analyser ensemble, dans ses présupposés, dans son vécu et dans ses effets possibles.





    Céline ROUCOU atelier arts plastiques

    J'ai travaillé pendant 20 ans pour l’Éducation Nationale en tant que Professeure des écoles spécialisée en IME, en CLIS 1 et dans un Réseau d'Aides Spécialisées aux Élèves en Difficulté.
    J'ai exercé mon métier d'artiste plasticienne à mi-temps pendant deux ans et je suis actuellement en disponibilité.
    Je mène une recherche artistique personnelle que je souhaite toujours développer. J'expose et je travaille en partenariat avec d'autres artistes (comédiens, photographes, danseurs, musiciens).
    J'interviens régulièrement en tant que plasticienne dans des ateliers d'arts plastiques hebdomadaires ou ponctuels auprès d'enfants et d'adultes.

    Le geste et la trace.


    Je vous propose un atelier pour explorer le geste et la trace, en associant le mouvement du corps et les arts plastiques.
    Nous vivrons l'expérience de notre corps qui laisse ses traces. Cela nécessite d'être à l'écoute de soi et des autres.
    Nous traduirons ensemble en gestes et en productions plastiques nos sensations, nos ressentis et nos expériences, tout en traversant de différentes manières l'espace (réduit, intime, fermé, intérieur, caché, isolé, partagé, ouvert, multiple, élargi...).
    Je vous invite à ressentir, à éveiller vos sens, afin de créer avec votre corps, vos gestes, vos rythmes, votre imagination, d'agir sur des surfaces, sur des matières, d’interagir avec l'autre, avec le groupe...
    Conditions de participation : Prévoir une tenue adaptée pour bouger et ne pas avoir peur de se salir.





    Alexis FERRIER atelier d'écriture


    Je suis auteur illustrateur pour la jeunesse, mais je partage mon temps de travail entre la production de mes livres et la sculpture. Quand je ne suis pas sur la planche à dessin ou dans mon atelier de sculpture, je voyage en France et à l’étranger pour mener des ateliers de création avec des jeunes.

    La parole valorisée.


    Je mène des ateliers d’illustration et d’écriture, de BD, de fresque murale, de sculpture et de vidéo. Je travaille le plus souvent avec des scolaires de la maternelle au lycée, mais aussi avec le « tout public ».
    Mes projets se font aussi régulièrement  avec des jeunes de 15/20 ans (et plus…) dans des « Points écoute », des centres sociaux ou des établissements comme « l’École de la deuxième chance ». Les ateliers sont basés sur la parole valorisée. 
    Les idées doivent venir des jeunes et je me charge de les aider à aboutir au résultat final. Des jeunes qui sont en perte de repères ou qui ont un grand manque de confiance en eux ont ainsi l’occasion de montrer des compétences parfois cachées ou insoupçonnées. 
    L’atelier sera l’occasion de vous présenter mes expériences, d’échanger avec vous. À partir de vos idées nous allons vivre la transformation, la création en toute confiance.

    Congrès FNAREN 2018 ROUEN